Naissance d’une étoile

Elsa, ma chère enfant, vos parents m’ont dit que vous souhaitiez en savoir plus sur la naissance d’une étoile. Suivez-moi.

Un peu que j’te suis, Einstein, j’me suis pas tapé 3 heures de route dont 2 d’embouteillage à écouter en boucle un best of de Rick Astley, le chanteur préféré de ma mère, pour craquer à 3 mètres du réticule.

Astley, je supporte ça depuis bientôt 11 ans et 3 heures donc. Mon père, lui, ce héros, le subit depuis bien plus longtemps. Un jour, c’est sûr, il tuera l’un ou l’autre. Le connaissant, il ira au plus près.

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NSFW (-18)

Je te prendrai sur le bureau.

Je t’ignore depuis des jours entiers mais tu n’es pas jalouse, comment pourrais-tu l’être ? J’ai bien sûr eu d’autres plaisirs, d’autres distractions. Mais je viens, tu le sais.

Cela se passera comme avec les autres, dans l’urgence.

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À bientôt mes amours

Albine est assise dans la salle d’attente de son psy.

Cette ambiance lui est devenue familière depuis plusieurs mois maintenant.

Pourtant, il lui semble qu’elle regarde véritablement la pièce pour la première fois.

Le plancher craque légèrement. Le bâtiment dissimule mal son âge derrière une décoration affligeante de zénitude, entre quelques galets très ronds perdus sur une petite plage de sable rayé et l’affiche d’une passerelle cheminant dans une forêt de bambous. Une table basse en laqué blanc parfait l’ensemble avec, posé, un livre faisant calendrier perpétuel. Chaque jour propose une citation.

Le livre est déjà ouvert à la page du jour. La pensée est issue de la sagesse tibétaine.

Rappelez-vous toujours que tous les désirs ne peuvent pas devenir réalité.

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Habeas Corpus

Le bruissement de la main faiblissante qui frotte doucement le Canson. Le contact des doigts qui chauffent ce crayon de bois peint de jaune, et de noir, et dont les caractères d’or se terminent par « HB ». L’autre main se fait forte de maintenir la feuille sans faille. Vous répétez ces gestes pourtant si familiers, la pointe délicatement maintenue à un demi centimètre du papier, dessinant pour vos synapses seules, le drappé d’un targui, perdu dans les dunes.

La longue silhouette de Victor Boissel se glisse alors dans la pièce. Sans effort, il rejoint l’estrade. Du haut de sa nature élégante, il lance un sourire qui semble vous découvrir, accroché sous un regard qui sait déjà tout de vous.

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